En 2089 #4 : à l’aube de mes 100 ans

En 2089 #4 : à l’aube de mes 100 ans

2089. Année anodine en apparence, mais qui est une date devenue importante personnellement. A l’aube de mes 100 ans, il est temps de revenir sur un point important que m’évoque 2089 :  “qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?”

On a tous été confrontés, d’une manière ou d’une autre, à cette question dont bien souvent la réponse prédéfinit notre parcours scolaire. Un parcours qui pouvait s’avérer au final plus aléatoire que prévu, notamment à cause d’un système éducatif où les programmes ne nous correspondaient pas forcément. Lorsque j’étais encore étudiant, “stagnante” et “dépassée” étaient les adjectifs les plus appropriés pour définir l’éducation française. On attendait de nous d’être capables de réciter les leçons d’un programme poussiéreux dont les tenants et les aboutissants avaient été définis 4 années avant sa mise en place. L’évolution faisait peur. Les profs eux-mêmes ressentaient un sentiment d’absence de considération de l’élève et de l’expérience du corps enseignant. Un prof qui faisait cours avec un iPad était, déjà, trop en avance sur son temps. On gravissait l’échelle des années grâce à nos notes, jugées sur la faculté à répéter un schéma donné, et non grâce à nos compétences professionnelles et personnelles. Ces mêmes compétences que l’on ne développait qu’au travers de nos stages pratiques où la phrase devenue maxime “j’ai plus en appris en 2 semaines de stages qu’en 6 mois de cours” prenait tout son sens. Mais comment évoluer lorsque la seule liberté qu’on nous offre est la possibilité de choisir des programmes de formations inadaptées au milieu professionnel et à l’élève ? 2089. La révolution de la “Nouvelle École”. J’y étais. J’ai participé à cette révolution. Aujourd’hui, en 2089, la Nouvelle École ne s’appelle plus telle quelle. C’est l’école. Avec une approche plus personnelle et plus humaine. Aujourd’hui les élèves sont les principaux acteurs de leur formation. Ils la choisissent et la créent en fonction de leurs besoins et ceux du marché professionnel. Les formations s’adaptent à leurs élèves. Les rôles sont inversés. On peut même voir des élèves créer de nouvelles matières. Aujourd’hui, les notes ne sont plus une pression pour évoluer. Elles sont différentes. On s’intéresse à l’élève, à ses compétences, à sa faculté de réaliser des projets concrets, mais pas à son historique de devoirs. Elles ne définissent plus l’accès à un niveau supérieur. Aujourd’hui, une classe ce n’est pas un groupe de personnes du même âge ou de même niveau d’étude. C’est un groupe d’élèves aux compétences diverses et qui se complètent. L’échange étant au cœur du processus de travail. Aujourd’hui, les salles de classe n’existent plus. Des murs ? Mais pour quoi faire ? On a cassé toutes ces cloisons qui enfermaient les élèves dans une salle morose, l’école on ne la subit pas, on la vit. Les Virtuals Rooms, des espaces virtuels où l’on peut se retrouver, sont capables de créer toutes sortes d’univers. Cours d’histoire sur l’Egypte antique ? Prenons place au milieu des pyramides. Anglais ? Rendez-vous devant Buckingham Palace. L’école n’est plus un simple programme que l’on apprend, c’est un lieu d’expériences.

Aujourd’hui, nous sommes en 2018. Je regarde 2089 au loin en espérant qu’un jour je dirai : à l’aube de mes 100 ans, il est temps de…

Jimmy, élève en L3

lisez le début de la série :  récit de Matthew #1 David #2 et Joséphine !

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